Les confidences de Magloire

Aujourd’hui j’ai l’immense plaisir d’interviewer Magloire Delcros-Varaud. On le connait pour son humour et sa verve, mais Magloire est aussi un homme plein de sensibilité . Qui se cache derrière ce personnage public ? Nous allons tenter d’en découvrir un peu plus lors de ces quelques minutes passées en toute intimité.

Bonjour Magloire, dite nous quelle est votre plus belle rencontre ?

j’avais deux ans et demi et j’ai rencontré ma mère. Plus tard elle m’a adopté. Cela reste ma plus belle rencontre.

Quels seraient les 3 moments qui ont marqués votre vie ?

Quand j’étais animateur de centre aéré, je m’occupais d’enfants de banlieue extrêmement défavorisés. Un jour nous avons fait une sortie dans une galerie d’art très chic. Je peux vous dire que je n’ai jamais entendu de choses aussi belles et profondes sur des œuvres contemporaines pourtant extrêmement obscures. Cela a changé mon rapport à l’art et la manière dont je l’envisage.

Le second moment… C’est sans doute la première fois où l’on m’a fait confiance pour mener à bien des défilés de mode. Je me suis rendu compte que tout reposait sur mes épaules. J’étais surtout très fier que l’on puisse me faire confiance.

Enfin je dirais, la semaine dernière, lorsque j’ai vu écrit: « un film réalisé par Magloire Delcros Varaud! »

C’est une fierté pour vous ? 

oui, car j’arrive à faire des choses que je n’aurais jamais imaginées.

Quelle émotion cela vous provoque?

J’ai fait ce film avec les jeunes, ils l’ont écrit et je l’ai réalisé. Le plus fort pour moi a été la transmission. C’est le sens de la vie; on existe aujourd’hui car d’autres ont été là avant nous. il y a donc une véritable histoire de transmission, de pédagogie, et finalement les choses les plus importantes de ma vie ont été : avoir été animateur de centre aéré, avoir donné quelques cours, et transmettre les choses que j’ai moi même apprises.

Qu’est ce qui vous inspire? 

Beaucoup de choses m’inspirent. Il y a l’amour, cette amour très particulier qu’est l’amitié, il y a les beautés et les réalisations humaines, un tableau, un nocturne de Chopin, une découverte médicale, et .. l’aspirine (Lol)

Votre phrase Fétiche ? 

J’ai peu d’habitudes et de tics de langage. mais, comme je reste émerveillé et étonné par la vie souvent, lorsqu’on me parle je dis : « c’est pas vrai !!!! « 

Si vous pouviez parler au petit garçon que vous étiez, vous lui diriez quoi ? 

je lui dirais « ça va être plus dur que tu ne l’imagines, mais ça va être plus beau »

Quelle cause vous tient à cœur ?

toutes les discriminations sont une bataille au quotidien. Je lutte actuellement contre les gens qui n’aiment pas les gros et les grosses. j’en ai fait ce film, qui s’appelle « Grossophobia », et que je présente d’ailleurs très prochainement, le jeudi 20 février à Tarnos (près de biarritz).

Pourquoi cette cause en particulier ? 

Il y a beaucoup de possibilités de discriminations. Si on prend mon cas, je suis homosexuel, je suis noir, je suis gros, j’ai été élevé par une famille juive .. enfin franchement… il y a de quoi faire avec moi !

Malgré mon statut, qui je dois l’admettre, est souvent assez privilégié, il y a un an ou deux,  je suis rentré dans le hall d’une radio dans laquelle je vais assez régulièrement, et quelqu’un s’est permis de me dire:  » ben dis donc Magloire, t’as pas maigri, t’as encore bouffé le chien! » Cette phrase, je l’ai prise comme un petit garçon que l’on vient de blesser, et à qui on vient de dire que sa maman est laide ou qu’elle est mal habillée.

Cela m’a vraiment fait souffrir, et je me suis dit: si un type se permet de me dire cela , qu’est ce que ce doit être pour les femmes (qui sont souvent bien plus discriminées que les hommes). j’ai donc commencé à regarder les chiffres et les études sur le sujet, et je me suis rendu compte que c’est l’une des premières discriminations à l’embauche, et l’une des toutes premières pour laquelle on se moque des gens (surtout chez les enfants).

J’avais partagé cela dans une interview, puis j’ai rencontré Hélène Bidard (qui s’occupe de la lutte contre les discriminations et l’égalité femme/homme à la Mairie de Paris). Grâce à son action, le mot »Grossophobie » existe maintenant dans le dictionnaire.

De là des jeunes étudiants de Tarnos m’ont contacté pour que nous fassions une photo à offrir à leurs copains qui n’osaient plus venir à la plage car ils étaient gros!! Nous en avons fait ce court-métrage que j’ai réalisé, et nous le présentons dans les festivals de France et au Canada cette année.

C’est quoi l’art pour vous ? 

c’est la réinterprétation du réel, et sans le rêve nous n’existons pas, nous ne sommes pas des êtres humains.

Je rebondis sur ce que vous venez de dire, quel est votre plus grand rêve ?

Ce serait d’arriver à faire ce que je dois faire. Si je n’y arrivais pas je me déjugerais, c’est d’abord, ce fameux film sur ma vie puis ce livre de contes africains car je dois quand même un jour rapprocher ces deux continents qui sont en moi et qui sont parfois un peu éloignés.

c’est un peu ce grand écart que je n’ai jamais réussi à faire entre l’Afrique et l’Europe. Il faut que je me rassemble.

Magloire, Pour finir dites nous quelque chose que nous ignorons totalement sur vous ? 

Je suis tatoué dans tous les sens: dans le dos, sur les jambes, partout !!!, mais surtout, surtout, vous ne le répétez pas!!

Merci Magloire Delcros Varaud de nous avoir reçus, merci d’avoir partagé un peu de vous. Nous vous souhaitons le meilleur dans vos projets à venir.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *